Cuivre, n'ayez pas peur !

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Cuivre, n'ayez pas peur !

Message  didier le recycleur le Mer 27 Juil - 5:29

Cuivre, n'ayez pas peur !
Par Florent Detroy, rédacteur de l'Edito Matières Premières et Devises

Sale temps sur le cuivre ?

Vous avez probablement entendu plusieurs fois cette question ces derniers mois. Et effectivement, il y avait de quoi se poser des questions.

Jusqu'en juin, alors que les nuages s'accumulaient aux Etats-Unis, et que la tempête grondait sur l'Europe, le Wall Street Journal pouvait encore titrer "Le cuivre plonge devant les incertitudes économiques internationales".

Ce n'est plus le cas !

La situation est en passe de se redresser pour le cuivre. Redressement de l'immobilier et offre erratique en Amérique du Sud ont redonné du baume au coeur à des investisseurs inquiets.

S'il faudra encore attendre quelques semaines pour voir une tendance claire se dégager, il serait bon dès à présent de repérer où sont les bons coups à jouer.

Pour le savoir, notre regard va se porter une nouvelle fois sur le dragon chinois.

Y'a-t-il quelque chose de pourri au royaume de Chine ?
Disons le tout net, l'inquiétude est venue de Chine. L'espace de quelques mois, le doute s'est insinué. A coup de resserrements monétaires, la Chine n'allait-elle pas casser sa croissance ?

L'indice HSBC China manufactoring a atteint son plus bas depuis 28 mois début juillet. Paul Krugman présentait encore récemment la Chine comme un assemblage de maisons vides, dans des villes vides, entourées d'aéroports vides.

Or une analyse de l'immobilier chinois, c'est par extension une prévision sur le cuivre.

Soyons clair, il y a un problème de bulle immobilière en Chine. Mais le phénomène est limité à certaines villes !

La Chine se transforme mais rien ne se perd pas
Le paysage chinois se transforme à une vitesse incroyable. La bulle que nous voyons se former actuellement sur des villes comme Shanghai signifie deux choses :
qu'il faut désormais éviter de se positionner sur les plus grandes villes chinoises ;Que d'autres villes chinoises moins grandes se développent ailleurs, et tirent la demande de cuivre.C'est l'idée que la banque Macquarie a développé dans une récente analyse intitulée "Logement sociaux chinois, une autre raison d'acheter du cuivre et du fer".

Si le gouvernement bride effectivement les marchés immobiliers des grandes villes, ses ambitions dans les logements sociaux vont continuer à tirer la demande.

Pékin veut construire 10 millions de logements sociaux. Ces investissements reviendront à doubler l'offre de logements sociaux !

Le boom de l'immobilier va donc se poursuivre. Il se produira par contre dans les villes de plus petite taille. Anqing, Guizhou, Luzhou ou Mudanjiang connaissent déjà des croissances à deux chiffres. Déjà, la demande chinoise de cuivre a pris 9,9% entre mai et juin 2011.



Le cuivre a de beaux jours devant lui !

Goldman Sachs inquiet sur le niveau des stocks
Si vous aviez encore besoin d'être rassuré sur la demande chinoise de cuivre, regardez l'état des stocks du pays.

Alors que le gouvernement est en passe de gagner sa bataille contre l'inflation, la reprise de l'activité devrait reprendre dès cette année. Or les stocks de cuivre sont au plus bas !

C'est le constat inquiet qu'a fait récemment Goldman Sachs. Au niveau actuel, la banque ne voit pas comment la Chine pourrait se passer du marché international. Au moins pour amorcer son restockage.

Ce come back ne poserait cependant pas de problème si des inquiétudes n'étaient pas apparues du côté de l'offre. Plus particulièrement, du Pérou.

La Red Scare gagne le Pérou
Escondida, la plus grande mine du cuivre au monde située au Chili, connaît une paralysie totale depuis une semaine. Pourtant, c'est vers un autre pays d'Amérique du Sud que se tournent actuellement les regards, le Pérou.

Le Pérou, deuxième producteur de cuivre au monde, s'est choisi un nouveau président début juin en la personne d'Ollanta Humala. Or son profil a rapidement fait frissonner les investisseurs du pays.

Ollanta Humala a beau avoir retourné sa veste, les investisseurs n'en demeurent pas moins inquiets. Et ils ont raison.

Ancien militant d'extrême-gauche, le nouveau président s'est affiché aux côtés du populiste Hugo Chavez, avant de faire une déclaration d'amour aux Etats-Unis à quelques semaines du premier tour des élections.

Un tiers du marché entre les mains d'un seul président
Aujourd'hui, le président veut appliquer son programme. Au menu :

relèvement des taxes sur le secteur minier ;

relèvement des taxes sur les minières.

Or selon Macquarie, le Pérou devrait être responsable de 32% de la production de cuivre sur les cinq ans à venir.

Nous n'avons donc pas fini de voir les cours du cuivre jouer au yo-yo au grès des décisions du gouvernement péruvien, justifiées ou pas.

Vigilant à court terme, optimiste à long terme
Selon Reuters, le marché du cuivre devrait ainsi connaître un déficit de 343 150 tonnes cette année. Si l'on ajoute les errements chiliens et la demande soutenue chinoise, les cours devraient rester soutenus. Après l‘accalmie de l'été, septembre pourrait voir les cours repartir à la hausse.

Mais les indicateurs sur le cuivre seront définitivement positifs uniquement lorsqu'une vraie reprise économique sera amorcée.

Or quelques signes encourageants ont commencé à se manifester.

Alors que l'affrontement entre la Maison Blanche et le Congrès occupe nos unes de journaux, une information semble être passée totalement inaperçue. Le nombre de permis de construire aux Etats-Unis a augmenté de 2,5% en juin.

Si le marché américain confirme son redémarrage, le cuivre deviendra définitivement une bonne affaire.

Par Florent Detroy, pour l'Edito Matières Premières & Devises.
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